3 novembre 2014

PORTRAIT – S. Lebeau (Temporis Annecy) : « Les dirigeants de Temporis connaissent parfaitement le métier du travail temporaire »

De pré-apprenti à manageur d’affaires

Avec 11 frères et sœurs, Sylvain Lebeau a été obligé de travailler dès l’âge de 14 ans pour nourrir sa famille. Il a débuté comme pré-apprenti mécanicien dans l’automobile. Ce quarantenaire, associé avec Edouard Lalle, est aujourd’hui à la tête de deux agences Temporis (Annecy et Chambéry) et d’une agence Consulting.

« Mon parcours professionnel m’a conforté dans l’idée que chacun a sa place dans la création d’entreprise, si l’on aime les gens. Il m’a apporté culture générale et confiance en soi. Mon épouse, que j’ai épaulée lors du lancement de son salon de coiffure, peut maintenant prendre vraiment le temps de s’occuper de nos enfants », affirme Sylvain Lebeau.

Un associé commercial, l’autre gestionnaire et manageur

Tout commence en 2000 lorsque Sylvain Lebeau intègre, par hasard, Adecco, après une longue expérience commerciale dans le secteur des fournitures scolaires. « En ayant appris le métier du travail temporaire sur le tas, j’ai été nommé responsable d’agence deux ans plus tard dans un autre grand groupe. J’ai fini par générer un chiffre d’affaires de deux millions d’euros par an… pour une rémunération mensuelle nette de 2000 € !

En 2004, la rencontre avec Edouard, issu de l’Ecole Nationale des Cadres du Travail Temporaire, a été déterminante pour créer mon entreprise. Je suis un commercial averti, Edouard maîtrise la gestion et le management d’un centre de profit. Nos personnalités sont différentes et la différence d’âge importante, mais nous partageons les mêmes valeurs, comme le respect des autres et la volonté de faire plaisir dans toute rencontre. Dans un réseau succursaliste, nous nous sommes tout de même retrouvés à gérer 80 intérimaires dans un local de 35 m2 sans fenêtres ni Internet en 2005…

Changer de leader ne nous intéressait pas. Ce que nous savions faire pour un grand groupe dont le fonctionnement reste figé, nous avons pensé pouvoir le réaliser pour nous-mêmes, tout en conservant le même naturel avec la clientèle et notre équipe», explique Sylvain Lebeau.

Deux dirigeants de Temporis expérimentés

Les deux futurs associés ne sont cependant pas pris au sérieux pour une création d’entreprise hors réseaux. « Nous avons alors découvert Temporis, dont les deux dirigeants connaissaient parfaitement le métier du travail temporaire. Pierre Moritel a obtenu la norme Iso 9002[1] pour Adecco. Laurence Pottier-Caudron était directrice régionale dans le même réseau et avait une réelle expérience du terrain.

Tous deux ont montré une vraie envie de nous intégrer et de nous considérer, de nous apporter des outils performants au sein d’un véritable réseau de chefs d’entreprise indépendants : l’agencement, les supports de communication, les logiciels informatiques, ou encore, des prestations dédiées à travers la structure salariée du franchiseur comme sur le marketing. Le soutien du réseau a d’ailleurs été déterminant pour obtenir notre emprunt bancaire », souligne Sylvain Lebeau.

Transparence avec les équipes et les clients

Le 16 août 2005, l’agence Temporis d’Annecy ouvre ses portes au public. « Au démarrage, il ne faut pas chercher à faire du volume de chiffre d’affaires à tout prix. D’autant qu’une confiance excessive accordée à certains clients pour obtenir des résultats peut devenir source de lourds impayés. La sécurité des intérimaires doit également être une priorité, à toutes ses étapes, de la visite médicale à jour jusqu’au contrôle du poste à pourvoir. Cet engagement sur le terrain, c’est le début de la considération pour l’intérimaire.

Plus tard, quand l’agence a trouvé son rythme de croisière, il est alors impératif de faire évoluer ses équipes, financièrement ou à travers diverses considérations comme une mutuelle ou un véhicule de fonction. Et d’être constamment transparent dans la pratique de son métier, tant dans le partage des bénéfices générés avec les salariés, que dans la gestion des intérimaires, à qui il faut être capable de refuser la candidature aujourd’hui tout en les projetant sur de réelles opportunités ultérieures. D’une manière générale, il faut bien connaître les métiers des clients entreprises et se spécialiser sur ceux qui rapportent, comme le transport et la logistique », souligne Sylvain Lebeau.

Six mois de prospection sans rien à vendre

L’ouverture du point d’accueil à Chambéry, en novembre 2010, a été méticuleusement préparée. « Durant six mois, j’ai réalisé une étude de marché. Je rencontrais, deux jours par semaine, des clients potentiels. Quand on n’a rien à vendre, on est facilement reçu… Nous avons ainsi démarré avec un fichier de prospection bien rempli et pertinent, dans l’une des dernières zones de chalandise encore libre en Haute-Savoie dans le réseau Temporis.

C’est un acte fondamental pour lancer une seconde agence. Même si l’on bénéficie de la mise en commun de moyens comme l’informatique ou le recrutement d’intérimaires[2], il faut recréer un business plan, un local, une équipe… Ce lancement réussi nous permet d’envisager 2 millions d’euros de chiffre d’affaires dès cette année », indique Sylvain Lebeau.

Temporis Consulting : le futur du travail temporaire

Quant au choix d’ouvrir une agence Temporis Consulting dans un nouveau local de 170 m2 acquis à travers une SCI[3] et situé sur une grande artère pénétrante d’Annecy en juin 2010, il a été guidé par l’évolution du marché. « Le secteur industriel, dont le volume de travail a pourtant augmenté pour nos agences, propose moins d’opportunités fiscales aux entreprises clientes, ce qui augmente le coût de notre prestation ou baisse notre marge bénéficiaire.

Dans le domaine du tertiaire, l’impact financier sur le résultat net est important, notamment grâce au placement de candidats qui représente 20 à 25% des revenus dans notre activité traditionnelle. Le concept Temporis Consulting apporte de plus une vraie valeur ajoutée, en termes d’outils, de réactivité au marché et d’environnement intérieur de l’agence. C’est le futur de notre métier. A condition de placer à sa direction une personne expérimentée dans les échanges avec les Directions de Ressources Humaines, comme nous l’avons fait avec une ancienne responsable de pôle tertiaire chez Adecco, car beaucoup d’analyses sont nécessaires pour facturer au prix juste », insiste Sylvain Lebeau.

Aujourd’hui en quête de davantage d’échanges avec les autres franchisés, pour travailler sur des clients communs ou la novellisation commerciale, Sylvain Lebeau peut s’offrir un luxe rare pour un chef d’entreprise : deux mois de vacances. C’est le fruit du confort offert par un associé, parrain de sa fille, sur lequel il peut se reposer.


[1] Maîtrise de la qualité pour la production, l’installation et l’assistance après vente

[2] 250 intérimaires placés par jour, sur les deux sites

[3] Société Civile Immobilière

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