20 octobre 2014

PORTRAIT – D. Thiebaux (Temporis Gujan-Mestras) : « Lorsque l’on agit avec passion, on découvre qu’il existe toujours une solution à tout »

Commercial depuis l’âge de dix-huit ans, Didier Thiebaux a longtemps attendu avant de se mettre définitivement à son compte. Une rencontre avec le premier franchisé du réseau Temporis l’a incité à franchir le pas et pratiquer l’activité du travail temporaire telle qu’il l’avait déjà faite dans un réseau succursaliste. Même si c’était alors à l’encontre des consignes de sa hiérarchie d’alors…

Le sens commercial en éveil, au gré des opportunités

Juste après son baccalauréat, et fort d’aptitudes au commerce, Didier Thiebaux travaille pendant cinq ans dans la vente. Assurances, cuisines, disques, électroménager… Il s’adapte à différents produits sans véritablement trouver sa voie. En 1988, jeune marié, il prend une année sabbatique dans le pays basque. Il réalise alors une formation d’analyste-programmeur au Greta[1], dont il ne se servira jamais.

« A une époque où il était r

elativement facile de trouver un emploi, je « papillonnais » dans ma carrière professionnelle, saisissant les opportunités d’embauche au gré de mon humeur et des rencontres. La Comareg, groupe de presse gratuite appartenant à Havas, m’a alors proposé de vendre des espaces publicitaires pour Bonjour, un journal de petites annonces. Elle m’a ensuite confié la responsabilité de son antenne sur le bassin d’Arcachon, avec la responsabilité d’une assistante et d’un commercial, avant de m’envoyer dans le pays basque. Parallèlement, j’ai racheté, avec mon épouse et mon frère un restaurant que nous avons exploité pendant un an et demi. La Comareg me propose alors un poste important dans les Ardennes : la gestion d’un centre de profit, avec le management d’une douzaine de personnes. Gérer et promouvoir un produit à travers l’animation commerciale me correspondait parfaitement », se souvient Didier Thiebaux, franchisé Temporis de Gujan-Mestras (près d’Arcachon).

L’appel de la région Sud-Ouest

Après trois années à la tête du journal gratuit, il découvre l’activité du travail temporaire par l’un de ses anciens salariés, et prend la responsabilité d’une agence ManPower à Gujan-Mestras en 1995.

«  Le travail temporaire, c’est un grand laboratoire, l’expérimentation permanente : on aime ou on déteste le métier, difficile de ne pas avoir un avis tranché sur cette activité ! Il n’y a pas un jour de travail qui ressemble à l’autre, on n’a jamais fait le tour d’un secteur où l’on découvre les entreprises par leur partie non visible. Ce qui est passionnant… ou peut apparaître stressant et

usant ! Cette expérience a été un moment très formateur dans mon parcours. Cependant, comme dans toutes les grosses sociétés, le management est fondé sur la « culture de la culpabilité » : ce que fait un salarié n’est jamais assez bien pour sa direction, on s’attarde longtemps sur ce qui ne fonctionne pas, et malheureusement, très peu sur les réussites, que l’on veut faire apparaître comme normales puisqu’elles sont le sens de toute rémunération… En 2002, lassé de cette ambiance peu motivante, j’ai quitté le travail temporaire pour rejoindre le secteur de l’intelligence économique. D’abord comme free lance, ensuite comme directeur régional. Mais je n’étais pas fait pour ce métier de vente d’informations qualifiées – projets immobiliers, nouveautés produits, etc.-, collectées à travers toute la presse écrite », affirme Didier Thiebaux.

Pouvoir fixer une ligne directrice dans la  stratégie commerciale

L’entrepreneuriat croise une seconde fois sa route professionnelle.

« J’ai été en quelque sorte coopté par le premier franchisé Temporis, Antoine Darrieu, rencontré chez ManPower, avec qui j’étais resté régulièrement en contact et qui voulait que j’intègre son enseigne. Antoine m’affirmait que l’ambiance dans le réseau n’avait rien à voir avec notre ancien employeur commun. J’ai visité son agence à Tarbes. Le concept m’a plu. Il préconisait ce que j’appliquais déjà chez ManPower, en marge de la politique commerciale et des consignes de ma hiérarchie : considérer l’intérimaire comme un client, au même titre que l’entreprise. Je désirai pouvoir décider et mettre en place une stratégie de développement afin d’aller au bout de mes idées, sans dépendre des choix incohérents d’une année sur l’autre d’un directeur régional ou national. De plus, le système de franchise permet de mieux intégrer le métier d’entrepreneur dans l’activité du travail temporaire, déjà compliquée en soi, et de s’agréger un pool de compétences impossible à détenir en interne et que l’on peut solliciter au moindre besoin. J’ai signé mon contrat avec Temporis en février 2005 et ouvert trois mois plus tard ma première agence à Gujan-Mestras, où je connaissais beaucoup d’acteurs économiques et d’intérimaires. Cette région proposait aussi une réelle qualité de vie, me permettant de trouver un équilibre entre activités  personnelles et professionnelles », indique Didier Thiebaux.

Depuis toujours à l’écoute de ses intérimaires

Le démarrage de l’activité s’avère plus long que prévu.

« Je pensais bénéficier de mes anciens clients dans le travail temporaire, et l’avait d’ailleurs pris en compte dans mon business plan. Or, ceux-ci ont attendu une bonne année et demie avant de m’accorder leur confiance en tant qu’entrepreneur ! Cela m’a forcé à m’ouvrir davantage de champs dans la prospection, et finalement à diversifier mon portefeuille de clients. En revanche, j’ai immédiatement collaboré avec mes anciens intérimaires. Ma disponibilité, mon implication, ma réactivité, mon honnêteté et ma volonté de les aider étaient restées à leur bon souvenir. Tous les vendredis, sur mes propres deniers, j’offrais un pot pour échanger avec eux, ce qui, par ailleurs, me permettait de conforter mes informations recueillies sur le terrain. Je voulais qu’ils soient considérés comme des salariés à part entière de leur entreprise. Aujourd’hui, dans mes agences Temporis, j’ai fait afficher ce vœu de m’inscrire avec eux dans la durée à travers une devise : « Ici on n’inscrit pas, on recrute, quel que soit le profil ». Quant à mes anciens clients, après leur longue phase d’observation, ils m’ont quasiment tous rejoint, et de manière soudaine !», relève Didier Thiebaux.

Des projets de développement, en bénéficiant de l’effet réseau

En 2009, Didier Thiebaux lance un point d’accueil Temporis à Parentis-en-Born, toujours dans les Landes.

« Je suis en réflexion pour créer un nouveau point d’accueil en périphérie de Bordeaux, inclus dans ma zone de chalandise, afin de profiter de la synergie du réseau avec désormais la présence de deux franchisés sur la ville-centre. Je songe également à ouvrir une agence Consulting, qui s’adresse à un public différent, plus diplômé, généralement mieux rémunéré, avec des missions plus longues et débouchant souvent sur un engagement définitif au sein de l’entreprise cliente. Au fil des années, mon rôle d’entrepreneur a évolué, avec aujourd’hui une prépondérance de la stratégie pour organiser, gérer et contrôler mon affaire. Se dévouer essentiellement à l’opérationnel impose des contraintes de temps et de présence, nettement moins captivantes lorsque l’on avance en âge et en connaissance de l’entreprise. Je peux maintenant me consacrer pleinement aux actions que j’aime et déléguer les autres tâches. Il ne faut d’ailleurs jamais vouloir être au front en permanence, être partout et nulle part à la fois, car on risque de ne plus suivre physiquement et de prendre de mauvaises décisions. Dans mon activité, la pression est devenue moindre avec l’expérience, car on devient plus clairvoyant et objectif. De plus, l’échange avec les autres franchisés du réseau apporte de précieux conseils et une aide morale qui facilitent le quotidien d’un chef d’entreprise », souligne Didier Thiebaux.

Agir avec passion pour tout solutionner

Après avoir participé à plusieurs Commission Dialogue Travail et Concertation (CDTC) consacrées à l’animation ou à la communication, Didier Thiebaux a été élu « référent réseau accord cadre » au premier tour, avec 70% des voix lors de la dernière Convention Nationale de Temporis.

« C’est important de participer à la vie du réseau, de défendre des idées pour le réseau, qu’elles se concrétisent ou pas. Quant aux accords nationaux, ils ne sont pas une fin en soi, mais représentent un petit plus permettant à nos intérimaires de travailler quand le marché est plus difficile. Mon seul regret reste d’avoir trop attendu avant de créer ma société. Jusqu’au moment où j’ai réalisé que plus j’avancerai en âge, plus mon bonheur de vivre dépendra de mes employeurs. L’entrepreneur éprouve un sentiment de liberté et d’autonomie que ne peut ressentir un salarié. Il ne faut pas trop réfléchir quand on veut se mettre à son compte, et donner de son temps sans jamais le considérer comme un sacrifice. Car tout ce que l’on fabrique porte votre empreinte. Lorsque l’on agit avec passion, on découvre qu’il existe toujours une solution à tout », insiste Didier Thiebaux.


[1] Groupement d’établissements publics d’enseignement qui mutualisent leurs compétences et leurs moyens pour proposer des formations continues pour adultes



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