4 mai 2015

PORTRAIT – P-J. Tonnet (Temporis Rennes Ouest) : «J’ai pris conscience très tôt de l’impact de l’humain dans l’efficacité d’une entreprise»

A 40 ans, Pierre Jean Tonnet, ancien cadre dans la grande distribution, se lance dans la création d’entreprise. Il a ouvert son agence Temporis à Rennes (Ouest) en février 2013.

L’influence de l’émotivité dans la nature humaine

Après un cursus étudiant à Bordeaux, qui le mène en licence de droit des affaires et du travail, Pierre Jean Tonnet intègre une Ecole Supérieure de Commerce, à Toulouse.

«Le droit m’attirait par sa rigueur, mais ce domaine manquait d’une certaine sensibilité. Si les principes de cette matière ont l’avantage d’être clairement établis, ils ne tiennent pas complètement compte de la nature humaine, et en particulier de l’influence de l’émotivité. Dans mon activité professionnelle, j’avais tout autant besoin de règles à appliquer que de pouvoir prendre des décisions au regard de mon ressenti. En fonction de ses échanges au sein d’une équipe et avec son manager, une même personne exprime un potentiel qui peut varier de 1 à 3. J’ai pris conscience très tôt de l’impact de l’humain dans l’efficacité d’une entreprise. Et cela me va bien, car j’ai un besoin fort d’humaniser mes activités quotidiennes. L’ESC de Toulouse correspondait à cette attente pour mon futur métier, avec des modules sur le fonctionnement quotidien de l’entreprise, et une spécialisation PME-PMI en 3e année pour laquelle j’ai opté », explique Pierre Jean Tonnet.

Etre responsable des autres plus que d’avoir des responsabilités

Si l’idée de créer son entreprise l’étreint dès la vingtaine, Pierre Jean Tonnet s’engage rapidement, sans le savoir, dans une longue carrière dans la grande distribution.

« En parallèle de mes études, j’avais déjà mis un pied dans la vie concrète et réelle durant deux ans avec un travail à temps partiel comme manutentionnaire dans un hypermarché. J’échangeais avec des gens issus de tous types d’univers, j’aimais m’imprégner de leurs problématiques si différentes. Une fois mon diplôme obtenu, j’ai saisi l’opportunité d’un poste de Chef de Rayon, chez Conforama à Nantes. Sorti de mes études, je me suis retrouvé à la tête d’une équipe de 5 personnes, avec un budget de plusieurs millions d’euros à réaliser. Le management nécessite des prédispositions, comme une aisance relationnelle avec les autres quel que soit leur profil ou leur histoire, et d’aimer aider des personnes à se réaliser. Cela doit se traduire dans le chiffre d’affaires de l’entreprise sans utiliser les gens. Je me suis vite senti à l’aise dans ce rôle de manager, qui consiste davantage à être responsable des autres que d’avoir des responsabilités », relève Pierre Jean Tonnet.

Uniformisation des modes de managements dans les grands groupes

Après deux ans à Nantes et quatre ans à Brest, Pierre Jean Tonnet devient directeur de magasin Conforama à Roanne.

« Durant trois ans, j’ai bénéficié d’une grande autonomie dans mon travail. Mais le monde de la grande distribution spécialisée a connu une évolution, une normalisation propre aux grandes entreprises, y compris dans les modes de management, dans lesquels je me reconnaissais de moins en moins », affirme-t-il.

Il intègre ensuite un point de vente Leroy Merlin à Rennes, avec un statut particulier : « directeur stagiaire ».

« Leroy Merlin était reconnu pour son fonctionnement axé sur l’humain, et se développait sur des grandes surfaces tout en recherchant un degré de satisfaction dans la relation client très élevé. Comme convenu, on m’a proposé deux postes dans d’autres villes, en tant que directeur « officiel ». Sur le papier, c’était la solution de facilité de retraverser la France. Mais en pratique, cela avait maintenant un impact sur ma vie de famille, étant père de deux filles de 8 et 10 ans. De plus, avec l’idée de démarrer mon année avec un agenda de directeur de magasin déjà à moitié rempli, je me sentais de plus en plus mal à l’aise que l’on me dise où je devais être et que cela empiète sur ma vie privée. J’ai été rattrapé par mon envie de créer une entreprise, de me réaliser, de prouver mon indépendance et d’être maître de mon destin. Lorsque j’ai entrepris les premières démarches de création, ma femme n’a pas été étonnée : je lui en parlais depuis que l’on se connaissait sans m’en rendre compte !», explique Pierre Jean Tonnet.

Partager l’état d’esprit du réseau et s’identifier à ses franchisés

La franchise s’inscrit naturellement dans son projet entrepreneurial, après une rupture négociée avec son ancien employeur.

« J’avais besoin de me lancer avec un concept qui fonctionnait déjà, ce que propose le système de franchise. Il faut être attentif aux bons et aux mauvais franchiseurs, et la banque peut vous donner des renseignements précieux sur les enseignes. Je voulais également pouvoir apprécier l’ambiance au sein du réseau, afin de déterminer si je partage cet état d’esprit. J’étais attiré par les ressources humaines, ce qui m’a conduit au travail temporaire.

C’est sur le site internet du salon Franchise Expo Paris 2012 que j’ai découvert l’existence du réseau Temporis. Peu de temps après, lors de la rencontre avec les fondateurs du réseau, Laurence Pottier-Caudron et Pierre Moritel, j’ai ressenti un sentiment de sincérité et de proximité, une vraie volonté de faire réussir le candidat entrepreneur. J’ai aussi rencontré Jean-Claude Vaillant dans son agence d’Angers, et je me suis identifié à son activité, à sa façon de la pratiquer et à sa vision d’entrepreneur. Ce franchisé Temporis vendait des services dont il était convaincu, qui faisaient partie intégrante de lui-même et de son équipe, tout en choisissant ses clients et sans utiliser une méthode commerciale sortie d’un livre. J’avais la sensation de pouvoir retrouver ma relation souhaitée avec les autres dans le travail. Dès lors, il m’a tardé d’être à mon propre compte, afin de pouvoir valider et mettre en pratique mes idées sur le management d’équipe et le commerce, et d’obtenir des résultats uniquement liés à ce que j’avais construit. De plus, je créais à Rennes, une ville située entre ma famille et celle de mon épouse, et dont la mentalité nous convient bien », indique Pierre Jean Tonnet.

A 40 ans, il a arrêté de conceptualiser et est passé à la réalité de la création d’entreprise en ouvrant son agence Temporis en février 2013.



2 Comments

  1. Esthèle
    9 avril 2014 at 15 h 15 min

    Beau parcours, bravo, c’est vrai que la notion d’entrepreunariat est vaste mais quelle peut se résumer à la manière de diriger des hommes, comme vous le dites justement, en les aidant à s’accomplir, au bénéfice de l’entreprise. tout est question de management, en somme 😉

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