1 avril 2015

PORTRAIT – J-C. Vaillant (Temporis Angers) : « Humilité et humanité sont des termes très proches »

Après un parcours formateur dans les ressources humaines, Jean-Claude Vaillant a créé sa première agence Temporis en août 2004. Il a renouvelé son contrat l’année dernière et figure parmi les franchisés du Comité Consultatif, associés à la réflexion sur le présent et le futur du réseau. Retour sur le chemin d’un créateur, qui a toujours choisi de réaliser le développement de son entreprise en parallèle du développement personnel de ses salariés.

Projet d’externalisation de RH pour PME

« Pour se mettre à son compte, il faut d’abord un court moment d’inconscience pour franchir le pas vers l’entrepreneuriat, avant une longue préparation pour concrétiser ce désir », affirme Jean-Claude Vaillant, franchisé Temporis à Angers, Segré et Saumur.

Parcours formateur dans l’expertise comptable, directeur administratif et financier d’une PME dans la métallurgie à laquelle il a pensé un temps s’associer au capital, acteur sur les marchés financiers pour une grande banque, conseiller en développement économique au sein de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) d’Angers… Au travers de ces expériences liées à la gestion d’une société, au recrutement et à la connaissance du milieu bancaire, Jean-Claude Vaillant s’est forgé la conviction qu’il pouvait à son tour devenir entrepreneur. Il avait depuis plusieurs années le désir de créer une activité inédite en France, mais existant aux Etats-Unis, consistant à externaliser les ressources humaines pour les PME.

Il tombe alors, en 2003, sur une étude du CNRS prometteuse sur le marché de l’intérim à l’aube de 2010. Ce qu’il souhaitait faire pour un contrat précis, il avait la possibilité de le réaliser pour l’ensemble de la population à travers une agence de travail temporaire. D’autant qu’une loi en gestation s’apprêtait à permettre à ce type d’activité de proposer une offre globale de services aux intérimaires, pouvant aller jusqu’au placement définitif à un poste, et que l’étude annonçait une évolution vers une prédominance toujours plus forte du tertiaire.

Des franchiseurs en adéquation avec leur discours

Simultanément, un ami, également en quête d’entrepreneuriat, lui parle alors d’une franchise qui l’intéresse : Temporis, réseau tout juste naissant. C’est le déclic. A 35 ans, il va créer sa première agence Temporis.

« J’ai rencontré les fondateurs du réseau Temporis au salon Franchise Expo à Paris. Le premier contact a été déterminant. D’autant plus que depuis mon expérience de conseiller en CCI, je savais qu’il existait de bons et de mauvais réseaux de franchise. Laurence Pottier-Caudron et Pierre Moritel, se sont montrés immédiatement accessibles, proches des autres, honnêtes et francs. Leur attitude simple, conviviale et professionnelle était en adéquation avec leur discours, notamment ce qu’ils voulaient mettre en application dans leur métier et la réalité de la création d’entreprise qu’ils proposaient aux franchisés. Dans un premier temps, surtout dans une telle phase de choix pour son évolution de carrière professionnelle, il est naturel de chercher à remettre en cause ces réponses. Mais très rapidement, on s’aperçoit que celles-ci sont pertinentes.

Après un rapide calcul dans ma tête, j’ai compris combien la franchise gommait de nombreuses incertitudes propres à un indépendant isolé, et qu’elle était novatrice dans le domaine du travail temporaire avec Temporis, avec déjà une bonne visibilité sur le potentiel de leur concept à travers une quinzaine d’unités. Un franchiseur ne vend pas du risque, mais de la réussite. Il doit avoir foi en son business modèle. J’ai d’ailleurs exactement suivi la progression en chiffre d’affaires prévue par mon business plan, établie à partir des données du réseau, à 6 mois, 1 an et 3 ans.

De plus, comme je fonctionne beaucoup à l’humain, j’ai tout de suite senti que je partageais les mêmes valeurs que les franchiseurs. Cette relation constructive avec eux existe toujours. Huit ans après, ils n’ont pas changé et proposent toujours la même sincérité dans nos conversations !», explique Jean-Claude Vaillant.

Sonder la réalité du terrain par un phoning

Après ce court moment d’inconscience, une longue préparation présidera à l’ouverture effective de sa première agence Temporis en août 2004. Angevin depuis cinq ans, Jean-Claude Vaillant hésite entre deux villes pour s’établir : Angers et Le Mans, son lieu de naissance. Grâce à des études de marché fiables, l’appui du franchiseur en matière de données macroéconomiques, et sa connaissance du tissu économique des PME, il se détermine pour Angers.

« En parallèle, comme pour mes ouvertures suivantes à Segré en 2007 et à Saumur en 2011, j’ai pris le temps de sonder la réalité du terrain en effectuant un phoning auprès des PME, afin de savoir si elles recrutaient et si oui, quels types de profils. Il est toujours nécessaire d’aller au-delà des chiffres et des statistiques. Le franchiseur vous montre la voie à emprunter pour séduire le client, mais la réussite ne vient qu’avec l’énergie du franchisé, qu’il faut produire avant même le démarrage de l’affaire. J’aime d’ailleurs bien cette urgence et cette adrénaline propre au lancement d’une agence, quand il faut donner vie au projet que l’on a en tête. Le stress généré par cette situation doit rester constructif.

D’une manière générale, être serein c’est ma façon de travailler. Avant de créer un nouveau point d’accueil, je veille à ce que les fondations de la précédente agence soient bien posées, avec un besoin en fonds de roulement financé avec la trésorerie déjà acquise pour limiter mon endettement », ajoute Jean-Claude Vaillant.

Combiner structure économique viable et relation humaine

Dans son activité quotidienne de chef d’entreprise, Jean-Claude Vaillant a trouvé la forme d’équilibre professionnel recherchée, après une vie salariée ponctuée de moments négatifs formateurs qui l’aident désormais à relativiser les moments difficiles.

« J’avais connu déjà la richesse du métier des ressources humaines à travers quatre structures très différentes. Maintenant, comme entrepreneur, je suis en adéquation entre ce que je fais et ce que je dis. Dans ma vie salariée, certains choix m’ont pesé sur la conscience car je n’étais pas décideur. C’est d’ailleurs la raison majeure pour laquelle j’ai choisi d’être dirigeant de PME : pour pouvoir appliquer mes principes dans le milieu professionnel, en combinant structure économique viable et relation humaine. Ma plus grande réussite, c’est d’avoir créé huit emplois avec des collaborateurs qui se professionnalisent et évoluent au cours du temps, de gérer une équipe qui a envie de recevoir ce que vous avez à lui donner et qui lui permet de s’élever. Il n’y a rien de plus gratifiant que quelqu’un qui vous remercie de l’avoir aidé à se construire. Ce qui est aussi fréquemment le cas avec des intérimaires.

Être franchisé Temporis me permet aussi de côtoyer des personnes de tous horizons, qu’ils soient clients intérimaires ou entreprise. Évidemment, les plus durs moments sont quand vos collaborateurs vous quittent en raison d’autres choix de vie, ou quand on accorde une confiance inconsidérée à un client et que l’on se retrouve avec un impayé, faute de retrouver en face de soi la même honnêteté professionnelle. Mais à part deux employés, toutes les personnes entrées dans mon entreprise sont encore présentes aujourd’hui. Il faut savoir s’entourer des bonnes personnes qui vous apporteront les qualités qui vous manquent, car même si vous faîtes preuve de travail et de persévérance, cela ne suffit pas pour réussir. Humilité et humanité sont des termes très proches. M’installer comme créateur m’a également apporté un équilibre personnel. Même si je n’ai pas pris de vacances durant les trois premières années, je ne suis jamais venu à reculons au travail », souligne Jean-Claude Vaillant.

Demandes en fonction des évolutions stratégiques de l’entreprise

Autre satisfaction : le prix spécial du développement, au concours de l’IREF entre franchisés de tous les réseaux en 2009. Aujourd’hui, à 43 ans, Jean-Claude Vaillant envisage son développement de l’entreprise en parallèle du développement personnel de ses salariés. Il pense le poursuivre avec une agence Temporis Consulting d’ici 2014, voire l’opportunité de prendre une deuxième zone de chalandise, ce qui ouvrirait de nouvelles perspectives d’évolution à son équipe. Même après un premier renouvellement l’année dernière, l’accompagnement du franchiseur reste nécessaire.

« Il y a différentes phases dans l’assistance permanente du réseau. Au lancement de la première agence, le franchiseur doit être plus présent, car le franchisé a davantage besoin de son retour d’expérience et de son appui technique sur le terrain. Les interrogations sont relatives au métier, pour appliquer le concept de manière performante.

Par la suite, on module nos demandes en fonction des évolutions stratégiques de l’entreprise, en se tournant vers le service adéquat de notre structure opérationnelle : juridique, marketing, contrôle de gestion, etc. Nos demandes sont plus relatives à la vie de l’entreprise. Le lien avec les représentants salariés du franchiseur est permanent, avec une réelle disponibilité au téléphone pour toute question importante. On bénéficie de l’effet réseau d’autres façons, comme à travers les échanges entre franchisés », précise Jean-Claude Vaillant.

Associés à la réflexion sur le présent et le futur du réseau

La relation entre chefs d’entreprise avec le franchiseur évolue également avec l’expérience acquise par le franchisé dans son activité.

« Après avoir participé à plusieurs commissions de travail et de concertation, traitant de sujets propres au quotidien d’une agence, j’ai intégré cette année le Comité Consultatif, composé de franchisés ayant déjà renouvelé leur contrat au sein de Temporis. Nous sommes ainsi associés à la réflexion sur le présent et le futur de notre réseau avec Pierre et Laurence. Par exemple, sur les règles de bonne conduite entre franchisés, ou encore les axes de développement et d’investissement pour Temporis. Nous sommes véritablement dans un échange entre entrepreneurs avec des attentes réciproques, et non plus simplement dans un dialogue entre un dirigeant d’agence du travail temporaire et franchiseur qui a vendu un savoir-faire et doit en gérer l’application par des indépendants », soutient Jean-Claude Vaillant.



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