12 mai 2015

PORTRAIT – C. Mangin (Temporis Bordeaux) : « On me disait que j’étais un prof qui ne ressemblait pas à un prof »

Enseignante en Economie et Gestion Commerciales, Catherine Mangin a pris le risque de mettre en pratique les savoirs qu’elle transmettait en devenant franchisée Temporis à Bordeaux Rive Droite en 2007. Elle  a ainsi accédé pleinement à l’intensité de l’existence, en mettant en œuvre ses idées et ses croyances.

Les ressources humaines : presque de l’anthropologie !

« Ce ne serait que pure folie que de ne vivre qu’à moitié ». Franchisée Temporis à Bordeaux Rive Droite, Catherine Mangin résume ainsi la démarche de son parcours qui l’a notamment menée de la théorie de la gestion d’entreprise en tant qu’enseignante à la pratique comme dirigeante de PME, depuis 2007.

Diplômée de l’enseignement supérieur (Sup de Co), elle travaille d’abord durant de nombreuses années pour une filiale d’ELF, avant de reprendre des études. « J’ai choisi de me spécialiser dans le domaine des ressources humaines pour le plaisir de m’intéresser au métier et aux motivations des autres, ainsi qu’à l’organisation humaine de l’entreprise. Etudier cette alchimie qui s’opère entre des personnes si différentes, en termes d’horizons, de talents ou de chemins, et possédant des objectifs communs qui ne sont pas naturels, c’est presque de l’anthropologie !», affirme Catherine Mangin.

Recherche d’un système plus motivant

Après l’obtention de son Master 2 de Ressources Humaines, et en raison de la rigueur du marché de l’emploi en Gironde, elle accepte un poste d’enseignante. Elle participe alors notamment au montage d’une nouvelle filière universitaire, un BTS[1] Management des Unités Commerciales, et devient titulaire d’un troisième diplôme de niveau Bac+5, le CAPET d’Economie et Gestion Commerciales. « J’ai aimé préparer des étudiants à leur insertion dans le monde professionnel, travailler avec de jeunes gens et participer à leur bonheur d’entrer dans la vie active. Après dix ans d’enseignement, j’avais comme perspectives de devenir chef d’établissement ou de passer l’agrégation. On me disait régulièrement que j’étais un prof qui ne ressemblait pas à un prof. Je souhaitais entrer dans un système plus motivant que celui de l’Education Nationale, où il n’existe pas de mode de récompenses en dehors des concours. J’ai eu envie d’une vie professionnelle avec plus de risques et d’être indépendante comme mari, médecin généraliste, dont j’étais conjointe-collaboratrice après qu’il ait racheté une clientèle. Je voulais aussi savoir si j’étais capable de mettre en application les savoirs que je transmettais », souligne Catherine Mangin.

Respect des talents

Dans la logique de son cursus, à dominante « ressources humaines », elle se détermine pour le travail temporaire. « Ce secteur propose des actions concrètes en matière de ressources humaines. Il exige une très forte réactivité, pour évaluer précisément les besoins d’entreprises et y répondre tout en respectant les talents et les motivations des intérimaires. Comme je ne connaissais pas ce métier complexe, il m’a semblé naturel et plus sécurisant de devoir l’apprendre. La franchise était alors la seule option pour être indépendante. Temporis répondait à mon attente de devenir entrepreneuse dans les ressources humaines, tout en maintenant une relation de proximité dans mon activité », explique Catherine Mangin.

Ne pas simplement conceptualiser son futur

A travers son expérience au centre de formation de la profession bancaire, elle avait déjà tissé des partenariats avec des entreprises et des établissements financiers  de Bordeaux, où elle ouvre son agence en février 2007. « Jusque là, j’étais moins atteinte par le verdict du quotidien car j’étais salariée dans un poste protégé. Or, en créant son entreprise, la réalité devient sans limite dans son expression. Il faut alors être dans l’action, et ne pas simplement conceptualiser son futur. Le marché existe sans nous, et personne ne nous attend. Devenir franchisé, c’est oublier beaucoup de choses que l’on croyait savoir, se remettre en question, faire preuve de conviction et de modestie, et s’approprier son aventure entrepreneuriale. On bénéficie de l’expérience du réseau qui se matérialise par des formations initiale et continue, des outils performants, ainsi que l’appui constant de l’équipe salariée du franchiseur sur tous les domaines liés à l’exercice de notre métier : juridique, marketing, communication… Ce suivi permanent nous permet aussi d’innover, de nous développer dans de nouveaux secteurs d’activités… Mais pour faire en sorte que la recette achetée à travers l’enseigne fonctionne, cela reste avant tout du travail et un investissement personnel fort. D’autant plus que tout franchisé Temporis doit savoir pratiquer toutes les tâches opérationnelles de son agence », remarque Catherine Mangin.

Mettre en œuvre ses idées et ses croyances

Récompensée du Prix Spécial du Marketing des trophées de l’IREF en 2010, elle perçoit d’autres bonheurs à travers l’entrepreneuriat. « Être entrepreneuse permet de se fixer des objectifs et, pour les atteindre, d’avoir le sentiment d’une maîtrise importante de ses choix. On expérimente ainsi au niveau du commercial ou de la gestion des équipes. On imprime son style de management, très participatif pour ma part. On met en œuvre ses idées et ses croyances, en s’appropriant directement tous les résultats, qu’ils soient bons ou mauvais. Bien sûr, il y a des jours fastes, et d’autres plus difficiles. Succès et échecs se suivent à un rythme plus important. On n’éprouve plus l’ennui, mais on n’a jamais le temps de déprimer. On vit les choses plus intensément que dans la société civile classique qui a gommé la notion d’intensité », admet Catherine Mangin.

Gestion du risque et mise en danger

Elle peut désormais évaluer la différence entre la théorie et la pratique de la création d’entreprise. « Dans mes cours, lorsque j’étais contractuelle de l’Etat, il manquait un volet « gestion du risque ». Quand on devient entrepreneuse, on s’endette et l’objectif est de sortir des bilans positifs, de croître et de continuer à se faire plaisir. La mise en danger, on l’éprouve physiquement et émotionnellement, car l’échec dans la création d’entreprise reste toujours possible. Pour gérer une TPE, il faut actionner tous les leviers – commercial, management, financier – et ne pas disposer que d’un seul talent. Ainsi, on ne mesure jamais suffisamment l’engagement personnel et la quantité de travail nécessaires, car il existe finalement peu de limites aux efforts fournis. En se réalisant comme chef d’entreprise, la vie professionnelle vous brutalise et vous allez plus à l’essentiel pour profiter de tous les moments. J’ai notamment eu le plaisir de constituer, former et motiver une équipe salariée restreinte, car le succès n’est jamais une aventure individuelle. J’ai créé des liens avec les autres franchisés, notamment ceux connus lors de ma formation initiale, car nous vivons des situations similaires. Lors des réunions organisés par le réseau comme les réunions régionales, la Convention Nationale ou les CDTC[2], ou de manière très informelle, nous échangeons nos ressentis, des conseils, et parfois même des affaires », note Catherine Mangin.

Le bonheur de ne pas savoir ce qui se passera demain

A 49 ans, elle place différemment son énergie, en travaillant notamment sur l’ancrage local de son agence. « Je participe une demi-journée par mois au programme « parrainage pour l’emploi » du Medef, où nous accompagnons des demandeurs d’emploi de longue durée. Je suis également bénévole une journée par mois à la caisse locale du Crédit Agricole, où nous travaillons avec des comités économiques locaux. Il faut savoir rendre à son territoire ce qu’il vous a donné, en étant acteur du tissu économique de sa région. Cela donne l’occasion de valoriser autrement des talents, que comme nous le faisons nous-mêmes en agence, par exemple en amenant une trentaine d’intérimaires par an vers des postes en CDI. Ces échanges extérieurs permettent aussi d’entendre d’autres bonnes pratiques, de partager les nôtres, et d’accéder en primeur à des informations économiques locales. Cette ouverture sur des mondes professionnels différents est toujours source d’inspiration pour notre quotidien.  Je suis heureuse de m’épanouir dans la franchise Temporis. Je partage la vie de quelqu’un, qui m’a aidé à me lancer dans l’entrepreneuriat et qui me montre que tout peut arriver. Cela me simplifie bien l’existence ! C’est un véritable bonheur que de ne pas savoir ce qui se passe demain. Je ne tire aucun orgueil de ma situation. J’ai juste aujourd’hui la satisfaction d’être utile », affirme Catherine Mangin.


[1] Brevet de Technicien Supérieur

[2] Commission de Travail, de Dialogue et de Concertation



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