11 février 2015

PORTRAIT – Benoît Huille (Temporis Compiègne) : « Les fondateurs du réseau sont des professionnels du travail temporaire ET de la franchise »

A 54 ans, après trois décennies de carrière salariée dans le commerce en B to B, Benoît Huille a ouvert son agence Temporis à Compiègne, le 1er janvier 2014.
En profitant pleinement de l’effet réseau, tant par le soutien de l’équipe salariée du franchiseur qu’à travers les échanges avec ses pairs franchisés, il s’impose dans une petite ville de Province qui comptait 17 agences de travail temporaire lors de son installation.

Un premier patron générateur d’entrepreneurs

Benoît Huille se destinait à être médecin. Pour ses études supérieures, il s’oriente toutefois vers le monde des entreprises, à travers une Business School à Londres, une maîtrise de gestion et un troisième cycle en affaires internationales à Paris Dauphine.

« Je souhaitais pouvoir m’expatrier et voyager, ce que je ferai quelquefois en Europe, en Chine et aux Etats-Unis. Mon premier patron, très charismatique, m’a donné le goût de l’entreprise. Durant douze ans, dans sa société familiale  de fournitures de bureau en vente par correspondance, en très forte croissance, il m’a tout appris. Et notamment, le souci constant du client.

J’ai fait tous les métiers, de chef de produits à directeur du développement, jusqu’à construire une organisation « grands comptes ». La dizaine de cadres qui entourait mon patron ont aujourd’hui tous créé leur entreprise », assure Benoît Huille, aujourd’hui entrepreneur franchisé Temporis à Compiègne.

Plus de 25 ans dans le commerce de la vente à distance en B to B

Dans une entreprise passée de 100 à 700 salariés, Benoît Huille, à 39 ans, ne sentait plus en accord avec la mentalité des nouveaux acquéreurs. Il poursuit sa carrière, toujours dans la distribution BtoB.

« J’ai intégré un grand groupe de distribution en produits électriques en tant que directeur des opérations à Paris, avec la gestion de 35 agences en Ile-de-France et de 250 personnes. Il n’est pas aisé de s’adapter à une culture d’entreprise différente, et j’étais trop « techno du marketing »  pour bien passer avec des vendeurs aux méthodes très traditionnelles.

Après une année difficile, je suis revenu à mes premières amours, la vente à distance, dans le domaine de l’équipement de manutention. Les changements d’organisation à la tête de l’entreprise, empêchant des perspectives d’évolution pour ma carrière à moyen terme, m’ont ainsi conduit à rejoindre une PME d’une centaine de personnes, toujours sur la même activité. L’esprit des petites entreprises me convient parfaitement. Ces entités exigent d’agir comme de grands groupes avec des budgets considérablement plus réduits, les moyens financiers ne venant généralement que bien après la manifestation du besoin. J’agissais comme un « salarié-entrepreneur », avec « carte blanche » pour tenter des actions innovantes. J’étais parfaitement en phase avec mon patron, et  j’échangeais régulièrement sur les bonnes pratiques avec notre actionnaire américain, je gérais un catalogue de 2000 pages et Internet, avec 62 000 références.  J’ai mené à terme beaucoup de projets : création de filiales, doublement du référencement « produits », création de Bases de données pour Internet… Cependant, je travaillais 50 à 60 heures par semaine, sans pouvoir bénéficier de mon investissement à terme.

J’avais depuis toujours souhaité entrer au capital de l’entreprise, mais la décision semblait délicate… Je décide alors de négocier une rupture conventionnelle pour me donner le temps  de monter ma propre affaire, car il est difficile de créer sa boîte tout en restant en poste. Je n’ai alors aucune idée précise de projet d’entreprise », indique Benoît Huille.

Établir un cahier des charges de l’activité recherchée

En mai 2013, Benoît Huille quitte le monde salarié pour créer son entreprise, non par opportunité, mais mu par une volonté profonde.

« Depuis toujours je voulais monter mon affaire. Tous les deux à trois ans, j’avais une idée de business, que je ne menais jamais à terme, notamment des sites d’e-commerce. J’étais chargé de famille, mon travail était intéressant… j’avais peur, aussi, de me lancer. Après 29 ans de carrière salariée dans le commerce en B to B, je me suis volontairement mis dos au mur, je disposais certes de trois années d’indemnités, à travers une convention avec Pole Emploi, mais je ne voulais pas perdre de temps.

J’ai établi un cahier des charges de ma future entreprise : une activité de services dans le BtoB, sans stock, ni de production industrielle, une mise en place et un démarrage rapide– compte tenu de mon âge -, un risque financier limité, une implantation à Paris ou Compiègne. Le travail temporaire correspondait bien à ces conditions. De plus, j’avais une vraie sensibilité sur les RH constatée lors des nombreuses embauches que j’avais pu faire et la vraie satisfaction que cela m’apportait. D’ailleurs, quand je quittais une entreprise, c’étaient les témoignages sincères de personnes sous ma responsabilité qui me touchaient, pas les résultats positifs obtenus en termes de chiffre d’affaires. Mon épouse est DRH, cela a peut-être joué dans ma décision…

A 80%, le plus important dans une création d’entreprise, c’est d’oser se lancer. J’ai invité séparément  chacun de mes enfants – qui avaient tous terminé ou presque leurs études – pour leur annoncer mon choix, et tous m’ont dit la même chose : « Fais-le, on ne vit qu’une fois ! », précise Benoît Huille.

Apprendre deux nouveaux métiers : entrepreneur et travail temporaire

Benoît Huille teste d’abord, durant deux mois, une idée de cabinet de recrutement à Paris sur les métiers du Web en association avec le créateur d’une école du Web. Avant de découvrir le seul réseau de travail temporaire en franchise d’envergure nationale.

« Temporis, c’est d’abord une rencontre, et je ne dis pas cela pour faire plaisir aux fondateurs du réseau. Même si j’étais néophyte dans le travail temporaire, j’ai tout de suite ressenti, avec Laurence Pottier-Caudron et Pierre Moritel, un partage de valeurs, et notamment le respect des gens, ainsi qu’une confiance réciproque. De plus, ils étaient des professionnels de l’intérim ET de la franchise. Il me fallait apprendre simultanément deux nouveaux métiers : chef d’entreprise et travail temporaire. J’avais besoin d’aide. Je ne pouvais me projeter dans un métier aussi réglementé que le travail temporaire qu’avec le concours d’un franchiseur expérimenté.

Juste un exemple pratique : le 1er janvier dernier, le SMIC a augmenté et je n’ai pas eu besoin de reprogrammer mes logiciels, car le réseau s’en est chargé. De même, tous les franchisés Temporis ont reçu une note limpide sur la pénibilité avec des actions programmées pour répondre à l’évolution de la loi.

Comme tout candidat à la franchise sérieux, j’ai aussi échangé par téléphone avec 5 à 6 franchisés Temporis, en plus d’un  stage découverte chez Séverine Gottrand à Lille et d’un stage d’immersion avec Éric Demonchaux à Epinal. J’ai été partout bien accueilli par des indépendants qui exprimaient un réel enthousiasme à pratiquer leur activité. Tous m’ont affirmé que ce n’était pas si compliqué à condition de beaucoup « bosser ». Ce qui,  jusque-là,  ne m’avait jamais fait peur !», insiste Benoît Huille.

Ne jamais oublier de dormir

Benoît Huille signe son contrat de franchise le 1er septembre 2013. Il désire ouvrir le 15 décembre.

« Fonceur et pressé, j’ai signé mon bail commercial sans avoir rencontré de banques pour mon financement… Cette partie de mon projet s’est avérée moins fluide que prévue dans sa construction. La concurrence avec 17 agences d’intérim à Compiègne inquiétaient les banquiers. J’ai eu quand même eu le choix entre deux offres bancaires, en cédant sur la caution personnelle. La partie administrative, en particulier avec les Bâtiments de France, a été également compliquée. Il ne faut ni se stresser et trop en faire, ni prendre cette phase à la légère. Et ne jamais oublier de dormir… J’ai fait un double-tonneau en voiture, car je gérais les papiers durant les heures de bureau, et je faisais les travaux dans mon local jusque tard le soir !

Je possède aujourd’hui une agence parfaitement placée sur un axe passant. Les franchiseurs m’ont aidé à oser prendre ce local et le négocier au plus bas. Même si ma formation a été perturbée par l’organisation du démarrage de l’agence, elle m’a permis de bien approcher la relation avec mes deux clients entreprise et intérimaires, en particulier grâce à la méthode commerciale interactive de l’enseigne », se souvient Benoît Huille.

Des clubs d’entrepreneurs pour propulser le business

Le 1er janvier 2014, Benoît Huille a ouvert son agence Temporis à Compiègne.

« Au démarrage d’une entreprise, il faut apprendre à être patient, car personne ne nous attend sur le marché. De plus, durant cette période, les bons amis ne sont pas forcément vos meilleurs clients… Rejoindre des clubs d’entrepreneurs, comme le Medef, la CGPME et le BNI, au printemps 2014, pour faire du business et pour connaître les derniers développements de la vie économique locale, m’a permis de faire décoller le chiffre d’affaires. En province, l’adhésion à un nouveau commerce, même différenciant sur son marché, n’est pas automatique. Il faut avant tout gagner la confiance des clients, labourer le terrain avant de récolter les fruits de ses efforts. J’ai rencontré des grands comptes 4 à 5 fois avant qu’ils ne travaillent avec mon agence.

En juillet, j’ai atteint mon point mort, ce qui m’a enlevé d’un certain poids. On a tendance à élaborer son business plan pour plaire aux banques, mais la réalité du terrain est différente. Rien ne sert de paniquer. Pour réussir, il faut mettre de l’enthousiasme dans chaque acte : pour transmettre la confiance à ses équipes, pour décrocher des contrats, pour fidéliser les clients… Le travail temporaire est un métier fondé sur la réactivité, dans lequel il faut savoir être multitâches en priorisant ses actions. J’étais fou de joie de verser leur premier salaire à mes permanents, j’attendais cela depuis des années !

De plus, chez Temporis, le franchisé peut s’appuyer sur la structure opérationnelle du réseau, pour obtenir rapidement une information pertinente sur la technique du métier ou la réglementation, mais aussi sur ses pairs, un échange plus informel et sans retenue qui s’appuie sur du vécu – comme les aspects purement commerciaux – et qui est valorisé par le franchiseur. On a certes plus facilement des relations avec les franchisés rencontrés lors du parcours de sélection réciproque, comme Éric Demonchaux, mon « parrain », qui avec 150 intérimaires en équivalent temps plein m’a montré le chemin à accomplir. Après, c’est aussi à notre tour de soutenir les nouveaux arrivants, comme c’est déjà mon cas avec Fabrice et Fanny Rossi, récemment implantés à Reims », indique Benoît Huille.

Présent sans être intrusif

Après une année d’activité, Benoît Huille, à 54 ans, se réalise en tant qu’entrepreneur.

« Je suis très satisfait de mon franchiseur, qui n’est jamais intrusif dans mon affaire et se montre toujours présent dès que j’en ai besoin. Son équipe salariée ose vous dire les choses sans jamais verser dans l’ingérence. J’ai aujourd’hui la liberté de faire seul les choix et d’oser. Je suis passé d’une situation de « salarié-entrepreneur» à celle d’« entrepreneur à son compte » et c’est bien un monde très différent !

Entreprendre ce n’est rien, l’important c’est d’oser entreprendre. Être salarié impose toujours un frein psychologique dans ses actes. Dès que j’ai signé mon contrat de franchise, je ne me suis plus posé de questions. De toute façon, j’étais dans l’inconnu chaque jour, donc à quoi bon se poser des questions ? L’entrepreneur doit simplement croire à ce qu’il fait, sans se faire de films, ni se projeter trop loin. Être extrêmement pragmatique, et surtout, ne jamais écouter les pessimistes !», conclut Benoît Huille.



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